Port de Bordeaux : un atout économique, territorial et écologique à développer

Alors que les différentes collectivités territoriales (Département, Région et Métropole) ont décidé de passer un contrat de partenariat et de projets avec le Grand Port Maritime de Bordeaux, les élus communistes de Bordeaux Métropole sont allés rencontrer les salariés dockers et du port en compagnie de Charlotte Balavoine, attachée parlementaire du groupe GUE et Pascal Pontac, secrétaire CGT du Port de St Nazaire, et candidat sur la liste de Ian Brossat pour les élections européennes.

Alexandre Guillot, secrétaire adjoint CGT du Grand Port Maritime a reçu le groupe aux formes de radoub à Bacalan.

Aujourd’hui, de nombreuses voix dénoncent la faible activité du Port de Bordeaux et le manque d’activité fluvio-maritime. Chacun souligne les atouts d’avoir un port pour l’économie locale et régionale. Pour autant les objectifs divergent entre la Métropole qui veux urbaniser en grignotant sur les terrain du port et des salariés du Port dont les ateliers (chaudronnerie, charpentier, ateliers mécaniques) que nous avons pu visoter et qui sont aujourd’hui mitoyens de la cité du vin qui veulent maintenir une activité industrielle et économique en cœur de Métropole.

Les élus communistes ont de tout temps défendu cette activité portuaire en cœur de ville, notamment avec la réhabilitation des formes de radoub aux bassins à flots pour accueillir l’entretien des bateaux fluviaux de plus en plus nombreux avec l’essor du tourisme fluvial. Mais la pression immobilière se fait sentir sur ces activités. Enfin les salariés du port ont fortement pointé que le port et ses 7 terminaux ne pourraient se développer et être attractif pour les entreprises que si le maillage et les connexions avec son « l’hinterland » se développaient, par voie ferrée, fluviale ou routière.

Suite à cette visite, Claude Mellier, vice-présidente en charge des infrastructures, est intervenue lors du Conseil de Métropole du 26 avril, en voici des extraits :

« Nous tenons à réaffirmer ici notre attachement à une gouvernance du Port de Bordeaux sous la responsabilité de l’Etat qui doit être pleinement associé via ses différents services décentralisés au contrat de partenariat entre Port et collectivités qui nous est présenté aujourd’hui. Nous regrettons que les principaux acteurs du Port, que sont les salariés au travers de leurs organisations syndicales n’aient pas été conviés à la rédaction de ce contrat, il convient d’appréhender au même niveau de préoccupations les questions économiques, sociales, les conditions de travail ou les questions écologiques.

La durée de ce contrat 2019-2020 nous parait très court pour une véritable vision stratégique, ce qui peut laisser penser que ce contrat est fait de bonnes intentions mais peu de réels engagements.

La particularité de notre Grand Port Maritime de Bordeaux qui s’étend sur près de 100 km et 7 sites différents le long de l’estuaire jusqu’en plein cœur de Bordeaux nous apparait être un atout plus qu’un handicap à condition que le transport maritime massifié soit totalement interconnecté avec les modes de transports routiers, ferroviaires et fluviaux qui l’alimentent.

Pourquoi la SNCF, entreprise publique, n’est pas partenaire de ce contrat si la volonté est de développer le fret comme l’affirme ce document?

Au-delà de déclaration d’intention, il manque ici des engagements forts pour le fret ferroviaire qui ne cesse de reculer sur notre Métropole comme on peut le voir à Hourcade. Pour le fret fluvio-maritime, s’il est mentionné rapidement en citant le groupe de travail de Voie navigable de France, il prend beaucoup moins de place que l’usage touristique du fleuve qui a droit à un chapitre entier de 2 pages. Au delà des bonnes intentions exprimées ici, nous attendons des actes forts en faveur du fret ferroviaire comme fluvial.

Enfin toute une partie de ce Contrat est consacrée au foncier du Port qui aiguise les convoitises des promoteurs immobiliers comme ceux de la Métropole. Si dans le Contrat on parle de construire une stratégie partagée en matière foncière malgré des objectifs souvent divergents entre le port et les collectivités, nous notons que dans les objectifs concrets listés il n’y a que des projets immobiliers portés par la Métropole et aucun projet économique en lien avec l’activité du port.

Ce contrat de projet ne doit pas consister à grignoter, comme c’est le cas aujourd’hui, le foncier portuaire ou de fret si nous voulons réellement travailler et développer une activité économique en lien avec le port et une logistique multimodale, durable et performante avec un maillage territorial efficace desservant les 7 sites portuaires du GPMB et leurs liaisons avec l’Hinterland qui va jusqu’en Occitanie.

Malgré ces réserves, nous voterons ce Contrat de partenariat et de projet en espérant que les bonnes intentions exprimées soient suivies d’actes fort, notamment en direction du fret ferroviaire et fluvial pour lequel il est plus qu’urgent de s’engager si nous voulons réduire les camions et la pollution climatique sur notre Métropole. »

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