Prêts à taux zéro: les banques peuvent encore dormir tranquilles, hélas

Face à la difficulté que rencontrent les ménages de l’agglomération bordelaise et de Gironde pour se loger et pour acquérir un logement, la CUB met en place un prêt à taux zéro. Dispositif discutable alors que l’effort des villes et de la CUB en matière de logements sociaux est encore insuffisant. Mais surtout, Max Guichard a noté que le secteur bancaire demeure dans ce dispositif. L’occasion pour le président du groupe des élus communistes de rappeler l’urgence d’une conférence bancaire locale pour mettre les banques et donc notre argent au service des besoins sociaux, écologique et économique.

« Je ne m’étendrais pas sur le dispositif d’aide à l’acquisition que vient de nous être présenté. Vous savez que ces dispositifs ne sont pas une priorité pour notre groupe. L’intervention de Vincent Maurin sur la ZAC de Floirac a parfaitement éclairé, si c’était encore nécessaire, la vision de la politique du logement que nous souhaitons voir naître.

Mais nous comprenons tout à fait que dans les conditions actuelles de l’impitoyable marché de l’immobilier et qu’en l’absence de véritable offre de logement pour tous, les collectivités sont dans leur rôle d’accompagner les ménages en quête de solutions de logement.

Alors, dans ces conditions, la CUB comme d’autres collectivités, déploie des trésors d’ingéniosité pour venir en aide aux ménages modestes. Et ces ménages sont contraints de multiplier les démarches et de répondre aux plafonds de revenus pour rentrer dans les différents dispositifs. Les promoteurs immobiliers, que la collectivité fait bien travailler sur le territoire, sont priés de revenir à des tarifs raisonnables. Et les efforts des services pour arracher ce retour à la raison, sont louables.

Mais il manque un acteur : le secteur financier. Hormis les outils issus du 1% patronal, les banques sortent indemnes de ce dispositif. Seul un geste qu’on pourrait qualifier de commercial leur est demandé, à travers l’exonération de frais de dossiers. La CUB financera donc les intérêts des prêts contractés sans qu’aucune négociation ne soit menée sur le niveau de ces taux ou sur les conditions d’octroi des emprunts.

L’indignation des citoyens et des élus locaux devant l’impossibilité de la municipalité de Floirac de trouver des crédits suffisants pour rénover l’école Léon-Blum avait poussé le président de la CUB à accepter la proposition communiste de réunion d’une conférence bancaire.

J’en viens donc au cœur de mon intervention. Depuis des mois voire des années, nous alertons sur la responsabilité de ces acteurs financiers dans la crise que notre pays traverse mais aussi dans la crise que nos collectivités subissent. Sur notre territoire d’ailleurs, à Pessac, Floirac, au Bouscat, des investissements ont même été reculés voir annulés parce que les banques ont dicté leur loi. C’est inacceptable.

Mais nous pourrions ne pas être impuissants face à cela. Nous pourrions ne pas l’être si la conférence bancaire qui est inscrite à l’agenda de notre établissement et approuvée par toutes les collectivités du département, si cette conférence était enfin réunie dans sa version la plus complète. Il s’agirait en effet de pousser les banques à accepter que la loi, ce n’est pas la rentabilité des investissements mais bien leur utilité sociale, écologique et économique.

En l’absence de geste fort en ce sens, nous ne voyons pas comment nos budgets pourraient prendre un autre cap que celui de la récession. Et en l’absence de telles pressions, nous ne pourrons pas accepter ce type de dispositif pourtant rendus nécessaires par la crise.

Nous nous abstiendrons donc sur cette délibération et attendons de vous, monsieur le président, que vous preniez en compte le nécessaire changement de cap dans nos relations avec le système bancaire.

 

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