Projet métropolitain: L’humain d’abord n’y est pas… encore !

Faut-il s’organiser pour être plus solidaires ou simplement pour s’inscrire dans la grande compétition que se livrent les grandes agglomérations au niveau européen ? C’est l’enjeu des débats qui animent à Bordeaux, Nantes, Lyon, Marseille, Metz, Nice, Dunkerque … la construction de « métropoles » ou « pôles métropolitains ». Chemin que n’a pas encore pris le président de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB), Vincent Feltesse. Un texte a malgré tout été soumis au vote du conseil de communauté du 25 novembre 2011, portant une certaine vision de l’agglomération bordelaise à l’horizon 2030. Au nom du groupe des élus communistes et apparentés, Max Guichard a expliqué son choix d’abstention sur un texte qui a le mérite de la construction démocratique mais reste par trop enfermé dans la logique de mise en concurrence.

L'irruption des citoyens dans le débat métropolitain a fait revenir les questions d'emploi par la grande porte.

Nous pensons que, malgré les évolutions sensibles qui auront cheminé tout au long de cette fabrique, la réponse ne peut être positive tant ce projet métropolitain reste encore enfermé dans une contradiction majeure : lier l’ambition solidaire avec le dogme de la concurrence qui apparaît encore comme une fatalité indépassable. Même si nous apprécions que ce projet ne s’inscrive pas dans une vision de pôle métropolitain, cette contradiction se vérifie dès le départ dans une approche de métropole millionnaire qui serait,  je cite : «  une nécessité pour espérer figurer d’ici 20 ans sur la scène européenne et ainsi être mieux armée pour faire face à la concurrence croissante que se livrent aujourd’hui les grandes villes ».

Au contraire pour nous, élus communistes, la valorisation d’une agglomération millionnaire réside dans notre capacité à permettre à nos populations résidentes aujourd’hui avec leurs enfants, tout comme les nouveaux résidents à venir, de bien vivre demain, dans toutes leurs diversités. C’est dans la déclinaison concrète de ce bien vivre qu’apparaissent inéluctablement les choix politiques d’accompagnement d’une société soumise comme aujourd’hui aux diktats des marchés financiers ou, au contraire, comme mon groupe veut ici le porter, pour une société libérée de ce carcan.

Voilà pourquoi nous ne pouvons pas adhérer, tel que le porte ce projet métropolitain, à :

–        1°) une vision de développement économique qui prend comme fatalité incontournable la poursuite d’un affaiblissement de l’emploi industriel, notamment en déclarant péremptoirement que « les grands établissements industriels appartiennent au passé »  risquant ainsi d’enterrer nos grandes unités industrielles comme Sanofi, Dassault, Ford, etc…et faisant ainsi de l’OIN Euratlantique la porte de salut avec ses emplois tertiaires liés à un grand centre d’affaire.

2°) si l’on sent une volonté de pouvoir accueillir nos populations dans des logements accessibles à tous, le document se refuse à s’engager concrètement dans une production définie de logements PLUS et PLAI capable d’accueillir 50% de nos concitoyens ne pouvant assumer plus de 400 euros mensuel de coût de leur logement

–        3°) si les questions environnementales, de développement durable sont développées de manière intéressante, elles sont appréhendées de manière trop générales, faisant l’impasse sur des actes qui nous semblent pourtant incontournables. Il en est ainsi en matière de la ressource eau où nous en restons au constat d’une utilisation trop intensifiée de nos nappes sans aller vers de nouvelles propositions, comme par exemple celles que nous avions développé lors du débat sur les nouvelles ressources.

Il aura fallu toute la détermination des salariés pour sauver l'usine Ford de Blanquefort. Et aujourd'hui toute leur vigilance pour que les engagements soient tenus.

Il en est aussi, ainsi des questions de transport en commun qui s’arrêtent concrètement à un constat, certes juste : « un réseau de déplacements d’échelle métropolitaine devra être développé, qui ne peut être le tramway, dont la fonctionnalité première reste le cabotage en tissu urbain dense » mais, là aussi, faisant l’impasse sur les besoins immédiats de réponse circulaire, de banlieue à banlieue. Allons-nous rester dans les grandes agglomérations la seule à ne pas posséder un grand système ferré comme peut l’être la ligne de ceinture ?

J’arrêterai là l’énumération de nos approches différentes, nous situant bien entendu dans une visée de dépassement de la crise économique, sociale et environnementale, crise systémique du capitalisme. En ce sens, les questions des moyens charpentés autour de nouveaux critères de gestion et de droits citoyens, que nous aurons l’occasion de développer dans le débat d’orientations budgétaires, prennent un sens premier. Prenant appui sur l’ensemble de cette analyse trop rapidement développée mais aussi de cette nouvelle pratique réussie de fabrique citoyenne, le vote qui nous semble le plus en adéquation avec le moment présent est l’abstention.

Ce vote est un appel aux décideurs, que nous sommes tous ici,  à poursuivre dans cette démarche de démocratie citoyenne et, à l’ensemble de nos populations, à poursuivre dans l’enrichissement de ce débat, seul capable de faire sauter les verrous encore existants afin d’atteindre cette agglomération faisant de l’humain d’abord notre objectif permanent. »

http://participation.lacub.fr/IMG/pdf/fabrique_metropolitaine/projet_metropolitain.pdf

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