Rapport de Keolis: vivement le service public !

 

Au nom du groupe communiste et en sa qualité de vice-président aux transports à la CUB, Michel Olivier a commenté le rapport d’activité lié au délégataire en matière de transports en commun: Kéolis. Une analyse précise qui ne fait que confirmer la conviction des élus communistes qu’une gestion publique serait plus avantageuse, pour les usagers d’abord.

D’abord permettez-moi de remercier les services de la CUB, l’IGA en particulier, pour la clarté des rapports fournis, et la pertinence des analyses techniques faites ; rapports permettant aux élus qui le souhaitent de voir au plus près la réalité des choses.

 

109 millions de voyages comptables, soit une fréquentation en hausse de 6%, diminution de la fraude de 3.4%, diminution des non validations de 3.1% , 27 millions de kilomètres commerciaux, 152 voyages par habitant (144 en 2010) : tout va très bien.

 

Mais, par rapport aux engagements contractuels du délégataire, tout est-il si parfait ?

Fabriquées sur le bassin d'Arcachon, ces navettes électriques sont une réponse ambitieuse à l'amélioration nécessaire du réseau de transports de la CUB.

Le contrat prévoit 132.6 millions de voyages comptables (-18% réalisés), 7% de taux de fraude (11.2% réalisé), les validations sont en retrait de 34% par rapport à l’objectif. La fréquentation des bus est en hausse de 4%, des trams de 7.3%. Après une grande embellie de la fréquentation du réseau bus, grâce au nouveau réseau, on assiste à une remontée supérieure de la fréquentation du tram ; ce dernier représentant plus de 61% du nombre total de voyages. Les recettes ont augmenté de 10.8%, soit un retard contractuel de 15.5%, malgré la hausse des tarifs de 1.5% en moyenne en 2011. Enfin, l’usage du réseau est de 152 voyages par habitant (144 en 2010) ; mais la moyenne dans les agglos comparables est de 180. Nous progressons… 

"N'avons-nous pas trop versé dans le tout-tramway ?" C'est une des questions que posait Michel Olivier dans le débat de restitution du Grenelle des mobilités. http://blog.aquit.fr/cubpcf/2012/07/13/mobilites-il-faut-investir-encore-dans-les-transports-publics/

Tout cela amène contractuellement à 8.6M€ de pénalités dues par le délégataire. Les pertes cumulées de ce dernier s’élèvent à 11.9M€. Le groupe Keolis a versé à sa filiale dédiée bordelaise 3.2M€. Malgré cela, l’excédent brut d’exploitation est en retrait de 17M€ par rapport aux prévisions contractuelles. Enfin, notons le désaccord entre la CUB et Keolis concernant le montant de la CFE ; en particulier, Keolis n’a pas intégré dans ses comptes les 8.6M€ de pénalités.

 

Telle sont les réalités de ces contrats de délégation de service public. En ce qui concerne celui-ci, il est clair que, dès le début, les promesses faites ne pouvaient pas être tenues. Heureusement, nous nous étions fortement garantis contractuellement, et les finances de la CUB n’en souffriront pas. Sauf que, je rappelle que nous allons verser à la suite de la conciliation qui a eu lieu, plus de 9M€ à Keolis et qu’une autre procédure va être entamée dans le cadre de l’article 28.

 

En outre, les difficultés financières liées à  la non exécution des prévisions contractuelles ne finiront-elles pas par retomber sur les conditions sociales des personnels de l’entreprise ? Cela nous conforte décidément dans notre conviction que les services publics doivent être gérés par notre établissement sous la forme de régie, de SPL, voire de SEM.

 

 

 

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