Rééquilibrez chez les pauvres, les autres ont besoin de place !

« Rééquilibrage social. » Voilà une expression qui n’est seulement utilisée que dans les quartiers populaire pour y construire du logement 100% privé. Jamais dans les quartiers riches, nous n’entendrez parler d’équilibre… C’est cette logique qu’a dénoncé l’élu communiste de Floirac, Jean-Claude Galan, à propos de la ZAC des quais de Floirac. Voici l’intervention qu’il a faite au mois de décembre:

Je ne peux que regretter que, malgré des modifications importantes de la composition de cette ZAC, nous n’ayons jamais été entendus sur la répartition des logements. Pire, alors que 11% de création de logements sociaux étaient initialement prévus, nous sommes descendus maintenant à 6%. Le reste concerne des renouvellements qu’il faut réaliser mais qui ne peuvent être comptabilisés dans les créations. De très peu, nous sommes donc passés à pas grand chose. C’est une situation inacceptable au regard des ambitions parfois affichées par notre établissement en matière de logement social. Évidemment, je sais qu’on va encore me répondre rééquilibrage social. Cet argument n’en est pas un. D’abord parce qu’il n’est utilisé que dans les quartiers populaires, jamais dans les quartiers dépourvus de logements sociaux. On demande donc aux classes modestes de faire de la place au logement « libre » mais jamais on impose aux quartiers riches de faire de la place pour tous. A ceux qui parlent de rééquilibrage sur Floirac, je demande donc s’ils soutiennent ou non notre proposition de construire 100% de logements sociaux sur le site de l’ancien commissariat Castéja, en plein cœur du Bordeaux dépourvu de logements sociaux.

Sur Floirac comme à Bacalan, Bègles ou Cenon, la question que nous posons est simple : les enfants de ces villes auront-ils les moyens de s’y loger ? Pour l’instant, la réponse est non. Ce sont ces enfants là qui sont chassés aux marges de l’agglomération. Avec ce type de répartition anti-sociale, c’est l’étalement urbain et l’exclusion sociale qui sont promotionnés.

J’ajoute que nous ne pouvons encore une fois que regretter aussi la faible mixité fonctionnelle du quartier. Il est pourtant un des points stratégiques pour le développement d’une agglomération de nouveau industrielle, soucieuse d’organiser la logistique urbaine et donc le développement durable de ce territoire.

Enfin, cette intervention couvre évidemment aussi le cas de la ZAC de Pessac centre. Avec 7% de logements sociaux et une place importante dégagée pour un lycée privé, elle constituait déjà un scandale. Nous observons que l’îlot 8 de cette ZAC n’est pas l’occasion d’une nouvelle réflexion sur la place du logement social en masse dans ce cœur de ville proche des transports. Elle aurait même pu être intégrée aux opérations 50 000 logements. Ce n’est pas le cas et nous le déplorons.

 

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