Saint-Jean Belcier: Même à deux heures de Paris, nos quartiers ne sont pas un centre d’affaires !

« Euratlantique ». C’est derrière ce terme qui fleure bon le marketing que l’Etat pilote le remodelage des quartiers  Saint-Jean, Belcier et de quartiers de Bègles et Floirac qui ont pour point commun de se trouver non loin de la gare TGV. Une aubaine pour les « investisseurs ». C’est ce que croient ceux qui ne voient dans l’arrivée du TGV en 2 heures depuis Paris qu’une opportunité de rendre Bordeaux plus « attractive ». Bien loin des urgences sociales, environnementales et économiques que vivent les habitants (actuels et futurs) de ces quartiers. Le groupe des élus communistes et apparentés est le seul à s’être prononcé contre l’avis très positif énnoncé par la CUB sur la création de la zone d’aménagement Saint-Jean Belcier. L’intervention du conseiller municipal de Bordeaux et candidat aux législatives sur la 1ère circonscription, Vincent Maurin.

« Inutile d’insister ici sur le positionnement stratégique de cette zone d’aménagement dénommée Euratlantique. Une zone d’aménagement qui, si nous avons bien compris, permet à l’Établissement public d’aménagement (EPA) de se décharger sur la CUB d’une partie du financement d’une opération pilotée par l’État. Mais, entendons-nous bien, lorsque notre groupe parle d’enjeu stratégique, c’est au sens de la vie des habitants et des travailleurs de ces quartiers. Des quartiers qui portent d’immenses potentialités, irrigués qu’ils sont par la gare et ses extensions, par le MIN, par la proximité du fleuve, par la diversité de ses activités et de ses habitats.

Avec l'arrivée de la ligne à grande vitesse, la gare Saint-Jean verra ses fonctions multipliées. Au profit des populations ?

Le projet qui nous est présenté ne met malheureusement pas en valeur cette diversité et ces richesses. Pour résumer, 42% de surface logiquement consacrés à la construction de logements et près de 40% de la zone est réservée aux bureaux qui constitueront le quartier d’affaires que vous pensez nécessaire de créer à proximité de la gare. Une idée peu originale et qui répond à la stratégie d’un développement économique uniquement porté sur le business. Nous avons même entendu parler d’un « World Trade Center ». Stratégie uniquement orientée sur les services a pourtant montré toutes ses limites, je n’y insiste pas.

Comment utiliser les lignes de chemin de fer, à vocation industrielles ou de transport de voyageurs, pour servir l’ambition sociale, écologique et économique des quartiers ? Comment utiliser le fleuve pour relier ces quartiers à d’autres, notamment pour le transport de marchandises ? Rien. Tout juste le dossier se félicite-t-il du simple « maintien » du marché d’intérêt national (MIN) alors que celui-ci mérite d’être étendu afin d’irriguer mieux toute l’agglomération.

Comme nous l’avons argumenté pour le quartier des Bassins à Flots, nous pensons qu’il est possible et nécessaire d’apporter de la mixité d’activité dans les quartiers, de faire se côtoyer les industries propres et maîtrisées auprès des habitations et de relier le tout par des modes de transports sérieusement développés. C’est cela l’ambition écologique, sociale, économique.

Enfin, laissez-moi terminer par ce qui est sûrement la plus grosse arnaque de ce dossier, le logement social. En lisant que le maire de Bordeaux acceptait de construire 35% de logements sociaux dans ce quartier, nous avons failli sauter de joie ! Mais nous nous sommes ravisés en dénichant les détails qui ne sont pas présentés dans cette délibération. Ce ne sont pas 35 mais 25% de logements véritablement sociaux qui sont programmés. Les 35% cachent en effet 10% de PLS dont chacun concédera que rien n’autorise à les classer dans les logements abordables aux ménages les plus modestes, ceux qui ont massivement besoin de constructions nouvelles. Et nous ne serions pas étonnés, car nous en avons l’expérience, de voir ce pourcentage de 25% diminuer au fur et à mesure de la réalisation. C’est donc très en dessous de ce qui serait nécessaire, à savoir 50% de logements véritablement sociaux, dans une ville qui reste très en dessous des 20% exigés par la loi et encore plus des 25 à 30% que les associations souhaitent voire appliquer.

Depuis des mois, le groupe communiste propose que, comme içi à Paris, le fleuve soit utilisé pour le transport de matériaux de construction. Belcier est un quartier stratégique pour ce projet qui permettrait de retirer des routes de la CUB 600 poids lourds par jour pendant 20 ans.

Selon nous, c’est parce que cette zone est stratégique pour le développement de notre agglomération qu’il faut y implanter les ménages les plus modestes et les plus en recherche d’activité. Afin mettre le peuple au cœur du développement de la CUB. Une toute autre histoire que celle que vous nous racontez. Nous voterons donc contre cette délibération et continuerons à œuvrer pour que cette ZAC soit profondément réorientée. »

 

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