Servir la soupe aux actionnaires est un échec, il faut cesser !

Jacques Padie a expliqué lors du conseil de CUB du 30 octobre, les raisons de l’opposition du groupe communiste aux subventions des pôles de compétitivité. L’élu communiste de Blanquefort en a profité pour revenir sur la politique national de cadeaux aux grands groupes et aux actionnaires.

« Vous connaissez, monsieur le Président et chers collègues, notre position concernant les pôles de compétitivité. Nous y sommes opposés parce que, comme la subvention que vous accordez aujourd’hui à la filière Chimie, il s’agit d’une subvention directe à des filières largement rentables. L’argent public déversé ici est mis à disposition des grands groupes pour financer une part de l’effort de recherche et développement dans ces filières où l’exigence de rentabilité n’a d’égal que l’augmentation du niveau des dividendes.

BourseAinsi depuis 2005, notre pays a versé près de 3 milliards d’euros par an aux grandes entreprises via ces programmes des pôles de compétitivité sans que les rapports successifs ne parviennent à établir le bien-fondé de cette stratégie ni même à y déceler un quelconque effet sur l’emploi et l’investissement. Pour la CUB, faisons simplement remarquer que, selon l’INSEE, le niveau d’emploi de la filière métallurgique a chuté de 13 % entre 2004 et 2010. -15 % sur le territoire de la Gironde.

Alors, je me permets d’insister parce que j’ai été interpellé en commission sur notre position que d’aucuns jugent dogmatique. Nous devrions, m’a-t-on dit, rendre hommage à ces groupes qui font des efforts en matière d’emploi et de formation et souligner le travail d’Aerospace Valley en direction du tissu de PME.

D’abord, soyons pragmatiques : dans ce secteur d’activité, le carnet de commandes d’une entreprise sous-traitante sur deux est lié à 80 % aux commandes des grandes groupes comme Dassault, Airbus, Thalès,… Face à un tel niveau de dépendance, c’est bel et bien au niveau de la filière qu’il faut agir. Et c’est à ces grands groupes qu’il faut demander des comptes, tant en matière de RetD, qu’en matière d’emplois et de formation. Et étant donné, une fois encore, le niveau indécent de leurs bénéfices et des dividendes reversés, le moins que l’on puisse attendre, c’est qu’ils s’occupent – un peu- de l’emploi et de la formation. J’ajouterai même du statut et du niveau des salaires.

Mais la commission ayant eu lieu avant que le ministre Rebsamen avoue « l’échec » de son gouvernement à faire face à l’augmentation du chômage, j’imagine que notre débat sera plus ouvert à la réflexion. Face à un tel échec, un gouvernement de gauche devrait en effet remettre à plat la politique de distribution massive de cadeaux aux grandes entreprises, à commencer par le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE). Face à un tel fiasco, un gouvernement de gauche devrait tourner sa politique vers le soutien au pouvoir d’achat de ceux qui souffrent. C’est ce à quoi une partie grandissante de la gauche appelle aujourd’hui. C’est cette voix qu’il est urgent d’entendre parce que la colère populaire est grande et légitime devant tant d’injustice sociale. »

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