Silence, on vide la CUB de ses emplois !

Sur son blog, le conseiller municipal communiste de Bordeaux, Vincent Maurin, lance une alerte à propos de la situation de l’entreprise Lesieur qui délaisse son site de Bacalan au profit de celui de Bassens, avec perte d’emplois (http://www.vincentmaurin.fr/2012/06/13/bacalan-perd-son-avant-derniere-usine/). A Mérignac, c’est la situation des salariés de Cofinoga qui inquiète les élus communistes locaux. Après un élan de solidarité unanime visant à dénoncer l’attitude la la banque BNP actionnaire majoritaire de Cofinoga, le silence se fait sur la suite des négociations. Pourtant, sous couvert de départs « volontaires », ce sont plus de 400 emplois qui seront içi supprimés. Inacceptable, pour Claude Mellier et le groupe des élus communistes de Mérignac.

On pourrait croire que les campagnes électorales sont propices au débat sur les grands enjeux liés à l’emploi. Elle a pourtant eu l’effet inverse sur notre agglomération. Signataires d’une motion commune en février au conseil de CUB concernant la situation de l’entreprise Cofinoga, les élus locaux sont vite retournés dans un silence coupable. Car pendant que sur les plateaux télés, on discutait de l’opportunité d’agrémenter l’austérité d’un peu de croissance, Laser-Cofinoga a bel et bien commencé à mettre en œuvre ce que chacun avait dénoncé : la destruction de 433 emplois à Mérignac et plus de 45 à Paris et Jurançon (64).

Silence coupable car, la motion signée par tous les élus de la CUB en février le révélait : « Cofinoga ne perd pas d’argent. Son résultat net au premier semestre dégageait un excédent de 30,8 millions d’euros avec une production de crédits en hausse de 9,9% dont 3% en France. Cofinoga et ses salariés ne sont donc pas un boulet pour la BNP. » On ne peut faire plus clair. Sinon à détailler aussi les bénéfices dégagés par les deux actionnaires que sont BNP et Galeries Lafayette… mais on frôlerait rapidement l’indécence.

Ces derniers mois, les organisations syndicales ont fait le travail qu’elle jugeait être le leur : elles ont assuré aux salariés qui le souhaitaient des conditions de départs les moins inconfortables possibles. D’après nos informations, beaucoup choisissent la voie risquée de l’auto-entrepenariat. Nous espérons qu’un suivi sérieux leur sera fourni afin qu’ils ne subissent pas la précarité que produit souvent ce statut.

En février dernier, des centaines de salariés de Cofinoga manifestaient dans les rues de Mérignac contre l'attitude de groupes bénéficiaires qui suppriment des emplois. Les élus communistes, içi Claude Mellier, étaient à leurs côtés.

Mais, pour le reste, quelles sont les perspectives de Cofinoga ? Qu’adviendra-t-il si la direction ne trouve pas 433 volontaires au départ ? Quels sont ses projets de diversification d’activité pour éviter l’érosion progressive de l’emploi ? Rien. Les politiques locaux sont condamnés à suivre les actualités économiques pour apprendre qu’une filiale parmi les plus « rentables » de Laser-Cofinoga (Laser-Contact) vient d’être vendue à un concurrent. Ce qu’en revanche ils n’apprendront pas, c’est que la direction promet aux salariés qui resteront chez Cofinoga de leur supprimer la prise en charge des jours de carence en cas de maladie… « Proposer » aux salariés de garder leur emploi à la seule condition qu’ils renoncent à leurs acquis sociaux est une pratique à laquelle se sont prêtés de grandes entreprises. Nous ne l’accepterons pas.

Dépeçage organisé ? Stratégie de la déliquescence ? Personne ne peut dire ce qui se trame exactement entre les murs feutrés de la BNP. Mais ce que nous pouvons assurer, nous élus communistes girondins, c’est que nous ne partageons aucun consensus visant à accepter ces suppressions d’emplois ! BNP a les moyens de maintenir l’emploi, de diversifier son activité. Dès le départ, en harmonie avec la CGT du secteur bancaire, nous avons par exemple proposé que l’activité de Cofinoga soit réintégrée à la BNP afin de développer un autre type de crédits, favorable à l’emploi, aux services publics et aux projets liés au développement durable. Une réorientation de l’activité qui peut se faire sans rupture de contrat pour les salariés qui garderaient leur entière capacité de choisir de rester ou non. C’est un aspect du projet de sécurité d’emploi et de formation que les communistes promeuvent depuis longtemps et dont la gauche désormais au pouvoir devrait s’inspirer. Notre ambition est d’extirper les salariés de la précarité dans laquelle ils sont plongés, y compris – nous l’expérimentons concrètement à Cofinoga, dans des grandes entreprises et les entreprises bénéficiaires. Au quotidien, des centaines de milliers de salariés sont sous le coup du chantage au chômage. La gauche a aujourd’hui l’occasion, en Gironde et à la tête de l’Etat, de mettre en œuvre sa volonté de résistance face au capitalisme financier et d’afficher une ambition nouvelle pour l’emploi, au service des territoires et des travailleurs.

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