La SNCF brade, le ferroviaire recule

Lors du Conseil de Métropole du 16 février dernier, un protocole d’accord entre SNCF Immobilier et Bordeaux Métropole a été présenté. Ce protocole touche de nombreux sites sur notre métropole susceptibles de perdre leur utilité ferroviaire. Claude Mellier, vice-présidente en charge des Infrastructures ferroviaires, est intervenue pour dénoncer cette politique de bradage menée par la SNCF.

Le site d’Hourcade, entre Bègles et Villenave d’Ornon


« Ce rapport nous présente un protocole d’accord entre notre établissement et la SNCF sur la cession de foncier.

Ce protocole fait suite à de nombreux projets qui demandaient une vision plus globale du foncier disponible et de sa possible utilisation par notre établissement.

Cependant, si nous pouvons nous féliciter de l’utilisation de la voie d’Eymet pour le développement d’un TCSP dans la plaine rive-droite, nous sommes plus réservés sur les autres dossiers.

Sur la partie Bruges, nous sommes face à une politique du fait accompli, mais continuons à penser que la fermeture de ces voies est une erreur.

Pour la partie Brazza, il est bien évident que les nouvelles populations vont avoir besoin d’accéder à la mobilité dans de bonnes conditions. De ce fait, nous devons effectivement nous mettre en réflexion sur le moyen le plus approprié pour répondre aux besoins. Nous pensons cependant qu’il n’y a pas là contradiction entre ces mobilités et les besoins fret du secteur, comme les besoins en base travaux. Il s’agit, plutôt que condamner la voie, de regarder comment nous répondons à l’ensemble des sollicitations et nous pensons qu’il existe, pour ce faire, les outils techniques.

De même sur Hourcade, nous sommes perplexes face à cette cession de foncier. Les emprises rail sur notre agglomération ont nettement baissé ces dernières années, notamment avec le développement d’Euratlantique, entrainant des difficultés pour le garage des trains. Ceux-ci sont, pour la plupart, envoyé vers Hourcade ce qui, à terme, peut entraîner des difficultés, tout comme la proximité entre des activités de bureau et la présence de wagons contenant des liquides dangereux.

Plus globalement, Monsieur le Président, ce protocole ressemble à un bradage de l’outil ferroviaire qui fait suite à une attitude générale de la SNCF sur le développement du train. Nous avons, sur notre territoire, d’immenses besoins, comme l’a montré notre débat sur les mobilités au mois de Décembre.

Or, nous voyons bien qu’en l’état la SNCF ne veut pas y répondre. L’information que nous avons eu comme quoi la SNCF refusait de financer le pont-rail du Bouscat est on ne peut plus révélatrice des logiques qui dominent au niveau de la direction de la SNCF. Je pourrais citer un responsable régional de l’entreprise qui, lors des assises de la mobilité dans le Médoc, a développé l’idée que l’avenir se trouvait dans le co-voiturage. L’abandon de 9000 km de « petites lignes » préconisé dans le rapport Spinetta (page 50 et suivantes) n’est pas pour nous rassurer sur la volonté de la SNCF de pérenniser les infrastructures ferroviaires sur notre Métropole et au delà.

Nous assistons là à une dérive grave.

Les logiques de rentabilité appliquées à cette entreprise sont en train de montrer leurs limites, nous amenant les uns et les autres aux frontières de l’absurde.

La SNCF aujourd’hui est plus à l’offensive dans le secteur immobilier avec sa filiale SNCF Immobilier qui pousse à déclasser nombre de sites ferroviaires sur la Métropole au profit de ses projets d’aménagements urbains, que sur la réponse aux besoins dans le domaine ferré.

Il faut que la SNCF revienne dans une logique de service public pour répondre aux besoins immenses qui se font jour. Il ne pourra y avoir de transition énergétique et écologique sans une utilisation optimale et efficace du rail, et ce, notamment, dans les déplacements du quotidien. Cela a bien évidemment un coût mais qui, au regard du coût réchauffement climatique, est sans commune mesure.

Nous voterons contre cette délibération

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