Une spéculation aux conséquences multiples

Odile Blein a commenté, lors du conseil de ce mois d’avril, une opération de logements sur Bordeaux-Lac. L’occasion pour l’élue communiste de revenir sur les conséquences insoupçonnées de la spéculation immobilière.

« Permettez moi, Monsieur le Président et chers collègues, de profiter de cette délibération pour revenir sur les éléments très inquiétants divulgués ces dernières semaines par les professionnels de l’immobilier. Avec une hausse des prix de 10% sur les 12 derniers mois, notre agglomération continue de subir une spéculation immobilière très dangereuse. Malgré les efforts de construction menés par notre établissement, l’accession à un logement digne et adapté à ses revenus est devenue impossible pour nombre de ménages dans notre agglomération. Un seul chiffre suffit à le comprendre : avec un revenu annuel équivalent au revenu médian observé à Bordeaux, un ménage ne peut prétendre qu’à un logement de 40 m2 en centre ville. Autant dire que les familles en sont, de fait, exclues.

On ne peut le nier, notre établissement a produit des efforts considérables ces dernières années pour la construction de logements et notamment de logements sociaux. Mais les chiffres portés à notre connaissance nous amènent à un constat tout aussi indiscutable : ces efforts ne sont pas suffisants à répondre aux besoins sociaux. Et les conséquences en sont multiples.

Faisant le constat d’un nombre d’arrêts maladie supérieur de 4% en Gironde par rapport à la moyenne nationale, la CPAM de Gironde explique aujourd’hui que la distance domicile-travail aggrave considérablement la fréquence et la durée des arrêts de travail. Voilà pourquoi ces arrêts sont plus longs et plus fréquents pour les travailleurs vivant dans le Médoc ou en Haute-Gironde. L’étalement urbain provoqué par la spéculation immobilière a donc un coût social lourd, pour les ménages et pour l’ensemble de la société.

Nous parlerons plus tard de son coût environnemental.

Face à cela, nos efforts doivent être décuplés. Nous voyons par exemple que les opérations 50 000 logements répondent à un réel besoin : elles sont moins utilisées à la défiscalisation que les opérations classiques et l’immense majorité de leurs bénéficiaires sont des ménages habitant déjà l’agglomération. Leur production et leur caractère abordable doivent être renforcés. Mais cet effort doit aussi être décuplé dans toutes les opérations pour tendre vers 50% de logements vraiment sociaux dans chaque opération.

Loin, bien loin de l’opération Marie-Brizard sur Bordeaux qui, comme l’ilot Sainte-Catherine, est hélas la tête de pont de cette spéculation immobilière déraisonnable, anti-sociale et anti-écologique. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *