Transports: le délégataire gagne la bataille de la calculette

Le dernier conseil de CUB a été l’occasion de revenir sur un énième accord transactionnel entre la CUB et Keolis, qui assure la délégation de service public (DSP) sur les transports. Un accord qui permet au groupe privé de récupéré sa mise. Un accord qui montre surtout la fragilité du service public face aux stratégies des grands groupes. Ce qu’a indiqué Michel Olivier, demandant au conseil de CUB de reconsidérer la possibilité d’une gestion 100% publique des transports en commun.

Monsieur la Président, mes chers collègues,

Lors du conseil du mois de juillet nous avons voté la prolongation du contrat de DSP, permettant d’achever celui-ci lors de la fin de l’année civile 2014. Jusqu’ici il n’y avait aucun problème pour notre groupe, cette prolongation nous apparaissant comme un simple geste de bonne gestion du service public.

Cependant à la lecture de la délibération qui nous est présentée ce matin nous avons comme un goût amer ; le sentiment que tous les éléments ne nous ont pas été donnés en juillet.

La facture de 14 millions qui nous est présentée par le délégataire, ressemble à s’y méprendre au déficit annoncé par Kéolis depuis qu’il gère les transports sur Bordeaux. Ces 14 millions viennent s’ajouter aux 6 millions que nous avons réglés lors du contentieux et que d’autres ici auraient voulu plus important.

Au total de délégataire aura empoché la somme de 20 millions pour service rendu.

Tramway de Bordeaux.Novembre 2003.Au-delà de cette somme, c’est l’avenir qui nous inquiète. En effet dans quelques mois, quelques semaines vous allez, monsieur le président, renouveler de notre délégation de service public. Nous savons tous que les candidats ne vont pas se bousculer, et qu’à ce jour Kéolis est le grand favori, par manque de concurrent.

Si nous ne prenons pas de dispositions nous allons nous retrouver dans état de grande faiblesse lors de ces négociations. Vous avez fait le choix monsieur le Président, avec la majorité du conseil et contre notre avis d’écarter la régie dès le début du processus. Outre les considérations de fond, ce choix est une erreur tactique. Nous nous retrouvons en effet aujourd’hui sans force dans un bras de fer qui pourrait s’avérer très défavorable pour notre établissement. Et donc pour le service public.

Il est à notre sens encore temps de préparer l’avenir et de remettre la régie à l’étude, au risque sinon de passer sous les fourches caudines d’un délégataire

 

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