Une charte pour encadrer les dérives de l’ubérisation sur nos trottoirs..

Face aux excès de l’ubérisation et ses dérives qui envahissent nos trottoirs, Bordeaux Métropole veut imposer une charte aux opérateurs de vélo, trottinettes et scooter électriques.

Max Guichard, président du groupe communiste est intervenu:

« Il nous est proposé ici de voter une Charte tentant d’encadrer les usages des opérateurs qui aujourd’hui inondent nos communes de vélos, trottinettes ou scooters en libre-service.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à l’ubérisation de nos villes qu’on veut nous vendre comme un progrès, et l’étape ultime de la liberté alors que ce n’est que l’étape ultime du libéralisme sauvage s’affranchissant de toutes les règles publiques et de droit du travail.


Les débats qui ont eu lieu dans les commissions font apparaître l’émoi, la colère mais aussi l’impuissance des élus face à ce nouveau phénomène, face à la libre entreprise, la concurrence libre et non faussée, encouragée par certains ici, et qui se matérialise par l’ubérisation sans cadre, sans règle au nom de la liberté de certains contre celles des autres.
Les plateformes de livraison de repas comme Deliveroo, ont piétiné les droits élémentaires des salariés. Airbnbb a réduit l’offre de logements notamment pour nos étudiants, et le freefloating percute aujourd’hui nos offres publiques de VCUB et envahit nos espaces publics sans contribuer à leur aménagement.
Le constat est sévère mais aujourd’hui tout le monde semble unanime sur les excès de telles pratiques. L’élaboration de cette Charte montre la difficulté de contraindre ces grands groupes qui ont fait du non-droit un modèle économique.
Voilà aujourd’hui ce que permet le système capitaliste poussé à son paroxysme. Nous sommes heureux de voir que nombreux ici ont pu protester en commission sur les dérives que permettent notre système économique ultra libéralisé et mondialisé.
Nous soutiendrons cette Charte qu’il faudra faire évoluer dans le temps.
Quelques remarques toutefois : Il n’est pas précisé de durée d’engagement avec les opérateurs, ni de clause de revoyure. Enfin, même si la loi Lom devrait préciser et modifier le code de la route en y introduisant notamment les règles d’usage pour les trottinettes et les nouveaux engins de déplacement de personne, il est important, en attendant, de définir les règles de circulation des trottinettes. La Charte ici présentée veut les brider à 25 km/h mais il faudrait également les interdire sur les trottoirs pour protéger les populations.
Enfin nous regrettons que ces nouvelles offres de mobilité privées viennent entrer en concurrence avec l’offre publique de VCUB de la Métropole sur laquelle notre établissement fait des efforts financiers importants en lien avec le plan vélo. Peut-être, à l’avenir faudra-t-il envisager d’introduire ces nouvelles formes de mobilité dans le cadre des négociations de la prochaine DSP transport, ou régie selon le choix qui sera fait.

Une réflexion sur « Une charte pour encadrer les dérives de l’ubérisation sur nos trottoirs.. »

  1. Vous parlez concurrence, capitalisme sauvage, oui bien sûr.
    Mais quelle est la place du piéton à Bordeaux ? Inexistante !
    La rue Maucoudinat (Quartier St-pierre) vient d’être restructurée (après deux ans de travaux subis par les riverains.) Au moins, nous avions de beaux trottoirs, larges, pratiques. Sauf que : depuis quelques semaines ont été mis en place des garages à vélo (grosses motos compris). Quant aux espace laissés vacants, ils sont squattés par les voitures qui trouvent là un parking gratuit bien commode. La mairie tarde à installer des pots. Il y a un réel mépris pour le piéton à Bordeaux. C’est pourquoi je me prononce clairement contre une charte qui ne règlera rien mais pour une interdiction des trottinettes, vespas, etc qui seule rendra au piéton sa souveraineté Une quelconque règlementation ne résoudra en rien les problèmes : ce serait sans compter sur les incivilités, les comportements grossiers des citoyens pour qui l’individualisme est devenu une façon de vivre . Ubérisation ? Moi je nomme ça déliquescence d’une société
    en plein marasme moral ; une société devenue complètement amorale.

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