Pour les uns la fin des contrats aidés, pour les autres les rallonges budgétaires…

A l’heure où associations et collectivités sont « invitées » à se serrer la ceinture, la vice-présidente Virginie Calmels a proposé au conseil du 29 septembre dernier une rallonge de 15 000 euros à l’association FrenchTech, qui regroupe les entreprises du numérique. Une proposition rejetée par le groupe communiste qui a rappelé, par la voix de Jacques Padie, l’urgence qu’il y a à rappeler d’abord aux entreprises de ce secteur, l’existence d’un code du travail.

« Pour tout vous dire, madame la vice-présidente, il nous a fallu relire plusieurs fois cette délibération pour bien comprendre ce qui nous est proposé. A l’heure où nombre d’associations sont mises au régime sec, au moment où –sous prétexte d’économies budgétaires, des milliers de travailleurs détenteurs de contrats aidés ont été licenciés en quelques jours, au moment où les quartiers politique de la ville voient leurs moyens spécifiques coupés,… A ce moment là, vous nous proposez, madame, d’accorder une rallonge annuelle de 15 000 euros à une association d’entrepreneurs qui n’a pas réussit à tenir ses objectifs. Après cela, on reviendra nous faire la leçon de bonne gestion ; les représentants du patronat en particulier…

C’est d’autant plus choquant qu’il s’agit d’une association au sujet de laquelle nous avions déjà débattu au mois de mai dernier. Nous vous avions alors alerté sur les pratiques des entreprises de ce secteur du numérique, qui prennent plus que des libertés avec le code du travail. A l’époque, nous vous parlions de la déconnection forcée dont ont été victimes des dizaines de coursiers à vélo durant le Marathon de Bordeaux. Cet été, les mêmes travailleurs voyaient leurs conditions de rémunérations modifiées par un simple envoie de texto. Mais c’est vrai, pourquoi les Foodora et autres Deliveroo se gêneraient-ils alors que les étudiants et jeunes travailleurs de la métropole sont si nombreux à avoir bien besoin de ce genre de boulots pour boucler les fins de mois ? Pourquoi se gêneraient-ils quand trois présidents de la République successifs ont fait du code du travail l’ennemi à abattre !? Pourquoi se gêneraient-ils puisque des collectivités réputées exsangues financièrement accordent des rallonges budgétaires sans trop y regarder !? De ce point de vue d’ailleurs, vous avez enfin trouvé un terrain d’entente avec monsieur Rousset, puisqu’il agit de la même manière avec le subvention du Conseil régional à French Tech.

Cette situation est proprement scandaleuse. Nous demandons donc le retrait de cette délibération et le maintien des conditions initiales de la convention entre French Tech et la métropole. Et nous vous demandons, monsieur le Président, d’aller au bout de la démarche de table ronde à laquelle vous aviez donné votre accord, en mai dernier, réunissant syndicats, collectivités et acteurs du numérique afin de fixer des règles claires. »

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