Vente de logements sociaux à Belcier : Bordeaux s’éloigne des besoins cruciaux

En décidant la vente de 63 logements sociaux, le conseil municipal de Bordeaux et la Métropole s’éloignent toujours plus du besoin crucial de biens communs sans pour autant tenter de résoudre les problèmes de précarité du quartier de Belcier. Odile Blein, élue communiste à Ambares, intervient contre cette décision.

Monsieur le président,

Le conseil municipal de Bordeaux d’octobre dernier a consenti à l’unanimité à la vente de ces 63 logements sociaux dans le quartier Belcier.

Les arguments invoqués pour justifier ce type d’opérations sont toujours les mêmes : l’encouragement d’un côté du « parcours résidentiel » des locataires de logements sociaux et la nécessité par ailleurs de constituer de la trésorerie pour permettre aux bailleurs sociaux de poursuivre leurs efforts de construction.

Ce dernier argument prend d’autant plus de force que l‘Etat s’est désengagé du financement du nouveau fonds national des aides à la pierre qui trouvera sa source… dans des prélèvements renforcés sur les bailleurs sociaux ! Ce sont donc les loyers des logements sociaux, voire leur vente, qui financeront les futurs logements sociaux…

Quand au premier des arguments, nous n’avons rien contre l’accès à la propriété des ménages modestes mais nous avons déjà eu l’occasion de dire qu’en 2013, seulement 8 000 des 40 000 logements sociaux mis en vente ont été vendus à des particuliers, dont seulement 36 % à des locataires occupant déjà les lieux. D’ « heureux » propriétaires, qui reviennent bien souvent vers la collectivité lorsqu’ils se retrouvent dans l’incapacité de financer les lourds travaux auxquels ils sont confrontés.

Nous avons vu ce qu’il en était par exemple dans la résidence sociale de La Boétie à Lormont dont les appartements ont été vendus à leurs locataires. 10 ans après leur vente, la puissance publique a dû débourser près d’un million d’euros pour financer les lourds travaux évidemment hors de portée des revenus des habitants qui, même devenus propriétaires, n’en sont pas moins restés modestes.

Cette volonté de vente du parc social est donc selon nous un mirage. Mais elle est surtout parfaitement anormale dans une commune qui plafonne à 17% de logements sociaux et pour qui le respect des obligations légales en la matière semble être un objectif bien inatteignable.

Dans ces conditions, rien ne peut justifier de se séparer de 63 de ces biens communs que sont les logements sociaux.
Nous voterons donc contre cette délibération.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *