ZAC d’Eysines : dans les clous mais encore insuffisant

Les opérations « 50 000 logements autour des axes de transports collectifs » commencent à se préciser dans Bordeaux-Métropole. Après celle du Bouscat, c’est une opération à Eysines qui a été présentée lors du conseil métropolitain du 22 janvier. Élue communiste d’Ambarès présente dans la société publique La Fab qui gère ces opérations, Odile Blein a donné son appréciation sur cette nouvelle opération.

C’est une opération de grande importance qui nous est présentée. D’abord parce qu’il s’agit de la première grande opération prise en charge par la Fab dans le cadre des opérations « 50 000 logements autour des axes de transports collectifs ». Avec 750 logements, c’est une opération d’ampleur qui est en effet engagée. D’autant qu’elle l’est dans un secteur aux enjeux écologiques notables, considérant la présence des sources de Cantinolle et l’enjeu de protection de l’eau potable. C’est une zone importante enfin parce qu’elle entend redonner de la cohérence dans une zone où l’installation d’activités économiques s’est faite de manière anarchique et où la présence de populations nomades ou sédentarisées exige des réponses sociales adaptées.

Dans ces conditions, nous considérons que le projet présenté est ambitieux et qu’il répond correctement aux enjeux fixés. Au bémol près, évidemment, des logements sociaux. Cette opération est en effet « dans les clous » fixés par la Métropole à la Fab, c’est à dire une répartition en trois tiers entre logement social, accession sociale ou modérée, et accession libre. Mais avec cette règle, nous l’avons déjà dit, la Métropole ne se donne pas les moyens de répondre aux besoins de la majorité des ménages de l’agglomération puisque 70 % d’entre eux sont éligibles aux critères des logements sociaux.
30 % de logements sociaux, c’est donc insuffisant. Mais nous notons avec intérêt les efforts qui sont réalisés sur les 70 % de logements restants. Qu’ils soient « libres » ou en « accession abordable », le travail qu’entend réalisé la Fab sur les prix de vente constitue une piste intéressante pour la Métropole. Cette expérience est à observer de près ; ce que nous ferons.
Sur le logement, j’ajouterai que la prise en compte des populations déjà installées sur Carès-Cantinolles aurait peut-être dû interroger sur l’intégration de logements d’urgence dans cette opération. C’est une discussion que nous avons eu en commission Urbanisme et notre groupe est assez favorable à ce que la Métropole définisse une règle qui systématise la programmation de logements d’urgence pour les personnes en difficulté, dans toutes les opérations d’aménagement.

Enfin, c’est avec satisfaction que nous voyons réapparaître dans cette opération l’ambition issue du dernier mandat autour des « 50 000 hectares pour la Nature », tant sur la partie Carès que sur la partie des sources de Cantinolle. Ces opérations 50 000 hectares sont un accompagnement indispensable de l’urbanisation grandissante de notre agglomération. A l’heure de la discussion parlementaire sur la biodiversité, la revitalisation de ces programmes nous semble indispensable.

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